novembre 28, 2021

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Peine de dix ans confirmée en appel contre Alexandra Richard, qui a tué son conjoint violent

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La femme de 43 ans avait été condamnée à 10 ans de prison en première instance.

Le ministère public estime que l’accusée, mère de trois enfants, a «une difficulté avec la réalité» et rejeté la piste de la «légitime défense».

Une peine de dix ans de réclusion a été prononcée samedi en appel aux assises de l’Eure à l’encontre d’Alexandra Richard, 43 ans, condamnée pour «meurtre sur conjoint» pour avoir tué son compagnon violent en 2016. Cette mère de trois enfants avait été condamnée à la même peine en première instance en novembre 2020 à la cour d’assises de Seine-Maritime.

Samedi, à Evreux, les jurés de la cour d’assises d’appel n’ont pas donc retenu la légitime défense. A l’énoncée du verdict, quelques pleurs dans les rangs de la famille d’Alexandra Richard ont été entendus dans la salle d’audience. En montant dans le fourgon de la pénitentiaire, Alexandra Richard a lancé à ses enfants «bisous je vous aime».

La légitime défense écartée

Un des deux conseils d’Alexandra Richard, Me Lorraine Questiaux, a estimé que ce verdict était une «honte absolue» et une «erreur judiciaire absolue». «Les débats ont montré qu’il n’y avait pas les moyens de la condamner pour homicide volontaire. Les circonstances de la légitime défense étaient établies», a-t-elle estimé.

«Tous les efforts des luttes féministes sont mises de côté. La parole de la victime est niée. Le système patriarcal est puissant», a ajouté Me Questiaux.

Le verdict est conforme aux réquisitions du ministère public qui avait écarté la légitime défense.

Lors de sa plaidoirie, l’avocate de l’accusée, Me Lorraine Questiaux, avait en effet plaidé pour la légitime défense: «Si elle a saisi cette arme, c’était pour se défendre. Une défense légitime face à cet homme qui aurait pu la tuer. Et d’ajouter, en s’adressant aux jurés: Si on vous pose la question sur la légitime défense, vous répondrez oui.»

Meurtre et non «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner»

En novembre 2020, le ministère public avait requis la même peine de dix ans de réclusion, mais pour pour «violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner» alors que l’avocat général a choisi samedi la qualification de «meurtre». Pour «meurtre», un accusé encourt la réclusion à perpétuité tandis que pour «violence volontaire ayant entraîné la mort dans intention de la donner», vingt ans.

«Ca ne peut pas être des violences volontaires sans intention de la donner, c’est un meurtre. Elle a à l’évidence des circonstances atténuantes, c’est sûr. Mais on ne peut pas tuer dans ce contexte-là», a estimé l’avocat général Patrice Lemonnier.

«Plus le temps passe, plus elle en rajoute»

Alexandra Richard a été condamnée en novembre 2020 par la cour d’assises de Seine-Maritime pour le meurtre, avec un fusil de chasse, de son conjoint de 36 ans le 16 octobre 2016, à leur domicile de Montreuil-en-Caux. Celui-ci, en état d’ébriété, venait de se lever de son fauteuil en la menaçant de lui «défoncer la gueule», a-t-elle expliqué. Le jour du drame, l’accusée affirme que son conjoint s’est mis à boire à midi et qu’elle lui aurait dit qu’elle allait le quitter.

Au cours de son réquisitoire, l’avocat général a reconnu que la victime, qui avait été condamnée en 1999 pour avoir tiré sur un rival amoureux, pouvait avoir des accès de violence: «On sait qu’il pouvait être violent verbalement. Lorsqu’il était alcoolisé et contrarié, il pouvait aller sur le coup de poing.»

Pour autant, il estime que l’accusée, mère de trois enfants, a «une difficulté avec la réalité»: «Alexandra Richard a développé des éléments d’agression, des menaces de mort qui ne sont pas vérifiables. Plus le temps passe, plus elle en rajoute, tranche le ministère public. Il a bien fallu que quelqu’un appuie sur la gâchette. Ce jour-là, elle a appuyé sur la gâchette.»

«Les fluctuations des versions d’Alexandra Richard ne sont pas en lien avec une manœuvre: c’est le fruit d’un trauma, de la peur, des carences dans le recueil de sa parole», avait plaidé la défense.

À voir aussi – «Je suis très émue», confie l’avocate de Valérie Bacot à l’issue du procès

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