janvier 25, 2022

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Après la journée de grève des professeurs, Blanquer annonce le recrutement de milliers de remplaçants contractuels

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Selon le ministère de l'Éducation nationale, 38,5% des enseignants étaient en grève dans les écoles maternelles et élémentaires, tandis que dans les collèges et lycées, 23,7% des professeurs s'étaient mobilisés.

REPORTAGE – La mobilisation a aussi abouti à la promesse de la mise à disposition de cinq millions de masques FFP2.

C’est une journée noire dans les écoles françaises qui s’est conclue par un rendez-vous au ministère de l’Éducation nationale. Ce 13 janvier, à l’issue de la mobilisation des professeurs protestant contre le protocole sanitaire, le premier ministre Jean Castex lui-même a reçu les syndicats enseignants, accompagné du ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, et d’Olivier Véran, le ministre de la Santé, en visioconférence après avoir été testé positif au Covid. Après trois heures et demie de discussions, Jean-Michel Blanquer a annoncé que cinq millions de masques FFP2 seront mis à disposition pour les enseignants de maternelle sur demande, et la distribution de masques chirurgicaux à partir du début de la semaine prochaine.

«Plusieurs milliers» de remplaçants contractuels seront recrutés «pour faire face à la crise» – le nombre de 3300 a été évoqué -, a-t-il ajouté. Les évaluations de CP, prévues en janvier, sont reportées. Pour les épreuves de spécialités du bac, qui normalement doivent avoir lieu en mars, le ministre va étudier leur report en juin.

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«On a obtenu des avancées concrètes. Maintenant, il faut que les actes suivent», a déclaré Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, au sortir de la réunion. «Notre impression globale c’est qu’on a encore répété nos revendications habituelles mais qu’on a été pour la première fois un peu entendus avec des premières réponses», a assuré Frédéric Marchand, de l’UNSA éducation.

Avant ce rendez-vous rue de Grenelle, la manifestation parisienne avait démarré autour de 14 heures, près du jardin du Luxembourg, à grand renfort de slogans comme «Blanquer, c’est toi le virus!», «Pas de vaccins contre le manque de moyens» ou «Protocole allégé, école sacrifiée». Professeurs, directeurs, proviseurs, infirmiers, surveillants mais aussi, inspecteurs de l’Éducation nationale et l’ensemble des syndicats… Dans la capitale comme partout en France, tous les acteurs de l’école étaient dans la rue pour protester contre la gestion de la crise sanitaire par Jean-Michel Blanquer et les «protocoles irréalisables et changeant de jour en jour», précise le syndicat d’enseignants Unsa. Selon le ministère de l’Éducation nationale, 38,5% des enseignants étaient en grève dans les écoles maternelles et élémentaires. Le SNUipp-FSU, lui, revendique 75% de grévistes. Dans les collèges et lycées, 23,7 % des enseignants sont mobilisés d’après le ministère, tandis que le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, avance le chiffre de 62 % de grévistes.

«Pour nous, la coupe et pleine, soufflent Pauline et Isabelle, professeurs dans un lycée de l’Essonne. La gestion de la crise sanitaire est l’arbre qui cache la forêt. Cela met à nu tous nos problèmes à l’école.» Géraldine, psychologue de l’Éducation nationale à l’académie de Créteil, s’indigne : «Nous sommes en première ligne et ne recevons aucune considération. Nous sommes le dernier maillon de la chaîne mais nous recevons les équipements après tout le monde.» Excédée, elle conclut : «Le gouvernement ne semble pas prendre la mesure de notre utilité.»

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Erreur de communication

Chez les manifestants, un épisode a fait particulièrement grincer des dents : l’annonce d’un nouveau protocole sanitaire dans les écoles par Jean-Michel Blanquer, la veille de la rentrée du 3 janvier, dans un article payant du Parisien en même temps que sur le site de l’Éducation nationale. Une erreur de communication que les personnels de l’Éducation nationale interprètent comme un signe de mépris. «C’est insupportable que le ministre s’exprime auprès des médias avant de nous parler, regrette Sandrine, enseignante à Saint-Germain-en-Laye. Parfois, ce sont les parents d’élèves qui nous apprennent les nouvelles mesures.»

«Les élèves ont été fragilisés ces deux dernières années avec une scolarité en pointillé, largement affectée par le confinement et les demi-jauges», explique Claire Guéville, secrétaire nationale responsable du lycée au Snes-FSU. Conséquence, selon elle : les enseignants ont récupéré des lycéens de terminale qui ont accumulé du retard. Programmes non bouclés, impossibilité d’organiser un bac blanc… Selon les syndicats, les élèves de terminale ne seront pas prêts. Colin Champion, président du syndicat lycéen La Voix lycéenne, explique : «Nous exigeons un report des épreuves nationales en juin et une réduction des programmes.» Avant de poursuivre : «Couvre-feu, confinements, cours en distanciel, l’absence des professeurs qui tombent malades… On fait partie d’une génération qui subit la crise sanitaire depuis notre seconde.» Le syndicat revendique une centaine de lycées bloqués.

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