janvier 25, 2022

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Quand la milice des Oath Keepers planifiait de prendre le Capitole

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Sur cette photo prise le 6 janvier, un homme appelle la foule à prendre d'assaut le Capitole.

L’acte d’accusation fédéral contre dix de ses membres inculpés de «sédition» retrace la dérive violente d’un groupe déterminé à renverser le résultat de l’élection présidentielle américaine par les armes.

Vingt-quatre heures après l’inculpation pour «sédition» de Stewart Rhodes, fondateur et chef de la milice d’extrême droite Oath Keepers pour sa participation à l’attaque contre le Capitole le 6 janvier 2021, plusieurs médias américains ont levé un coin du voile sur les plans de ce groupe paramilitaire pour saboter la certification de la victoire électorale de Joe Biden à l’élection présidentielle.

L’acte d’accusation fédéral affirme que Stewart Rhodes a conspiré avec dix autres membres de sa milice pour s’opposer par la force au transfert légal du pouvoir présidentiel. Les premiers signaux d’une opération planifiée remontent aux jours qui suivent l’élection de novembre 2020, alors que Donald Trump conteste sans preuve le résultat de la présidentielle, qui donne la victoire au démocrate Joe Biden. Sur des applications cryptées, Rhodes encourage ses disciples à «s’opposer par la force au transfert légal du pouvoir présidentiel». Il envoie le message suivant : «Nous ne nous en sortirons pas sans une guerre civile. Trop tard. Préparez votre tête, votre corps et votre esprit.»

Le 7 novembre, Rhodes envoie un message au groupe : « Nous devons maintenant faire ce que le peuple de Serbie a fait lorsque Milosevic a volé son élection. Refusez de l’accepter et marchez en masse sur le Capitole.» Rhodes a ensuite partagé une vidéo, décrivant étape par étape comment renverser un gouvernement en se basant sur l’exemple serbe. Deux jours plus tard, lors d’une conférence en ligne avec d’autres membres des Oath Keepers, le chef de la milice détaille son plan pour faire annuler l’élection. Encore 48 heures plus tard, un membre du groupe, Caldwell, contacte Rhodes pour partager les résultats d’une opération de reconnaissance à Washington et commencer à planifier une prochaine «opération» au Capitole.

Nous devrons faire une révolution sanglante, sanglante et massive contre eux. C’est ce qui va devoir arriver. »

Stewart Rhodes

À partir de là, les membres commencent à travailler ensemble. Fin novembre, la section floridienne des Oath Keepers organise une formation avec pour thème la «guerre non conventionnelle». «Ce sera un combat sanglant et désespéré. Nous allons nous battre. Cela ne peut être évité», écrit Rhodes lors d’une discussion de groupe avec des membres en décembre.

Sur des forums, les Oath Keepers discutent de la manière dont leurs «équipes de réaction rapide», selon leurs propres termes, vont s’installer à l’hôtel Comfort Inn, à Ballston Arlington, en Virginie, pour «l’utiliser comme base opératoire le 6 janvier 2021». Ils ont réservé trois chambres, occupées par trois équipes venues d’États différents: Caroline du Nord, Arizona et Floride. Ils ont également entreposé des armes à feu et des munitions dans d’autres chambres d’hôtel.

Le 21 décembre 2020, les Oath Keepers mentionnent le 6 janvier pour la première fois. James Wakins, l’un des 11 miliciens inculpés, envoie un message au groupe sur Signal à propos d’un «appel national à l’action pour DC le 6 janvier» et affirme que les Oath Keepers sont mobilisés. «Tout le monde sur ce canal doit comprendre l’ampleur de ce je viens de dire», écrit-il. Rhodes déclare à un chef régional des Oath Keepers que si Joe Biden assume la présidence, «nous devrons faire une révolution sanglante, sanglante et massive contre eux. C’est ce qui va devoir arriver.»

20.000 dollars en armes

Le groupe discute d’acheminer des armes à feu par bateau. L’un des membres, Thomas Caldwell, demande à ses collègues si quelqu’un a une embarcation capable de traverser le fleuve Potomac. «Si nous avions quelqu’un de stationné près d’une rampe du quai, nous pourrions avoir notre «équipe d’intervention rapide» qui se tient prête avec les armes lourdes, pour les charger rapidement et les transporter de l’autre côté du fleuve, où nos gars attendent», est-il cité par les enquêteurs.

Le jour de Noël, Rhodes écrit que le Congrès va probablement «entuber» Donald Trump et que la seule chance qu’il a c’est si «nous leur foutons la trouille et les convainquons que ce sera les torches et les fourches…»

Dans les jours qui précèdent l’attaque, Stewart Rhodes se serait livré à une véritable frénésie d’achats, dépensant plus de 20.000 dollars en armes et équipement paramilitaire. En décembre, il a acheté deux paires de lunettes de vision nocturne et un viseur pour environ 7.000 dollars et les a expédiés en Virginie. En janvier, il a dépensé 5.000 dollars supplémentaires pour un fusil de chasse, une lunette de fusil, un chargeur, des viseurs, des optiques, un bipied, un support de canon, une caisse de munitions et des fournitures de nettoyage pour armes à feu. Deux jours plus tard, il a dépensé 6.000 dollars de plus, puis 4.500 le lendemain.

Selon les documents judiciaires, les Oath Keepers auraient positionné des miliciens armés à la périphérie de Washington. À 06 heures 27 au matin du 6 janvier, Rhodes envoie un message au chat de groupe : «Nous aurons plusieurs membres des «forces de réaction rapide» bien équipés à l’extérieur de D.C. » Vers 08 heures 30, Rhodes et d’autres miliciens quittent leur hôtel et se rendent en voiture au Capitole à Washington DC. Les équipes restées dans un hôtel de Virginie évoquent la possibilité d’un «conflit armé» et d’une «guérilla». Puis, juste avant 13 heures 30, Rhodes écrit sur la messagerie Signal : le vice-président Mike «Pence ne fait rien. Comme je l’avais prédit.» Il ajoute: «Tout ce que je vois faire Trump c’est se plaindre. Je ne vois aucune intention de sa part de faire quoi que ce soit. Donc les Patriotes prennent les choses en main. Ils en ont assez.»

Au Capitole, les Oath Keepers progressent en formation, équipés de gilets de protection, de casques et de lunettes de protection. Ils ont emporté avec eux des radios, des sprays chimiques et des gants renforcés. Dans leur discussion de groupe, un membre demande si les antifas se sont emparés du Capitole «Non, j’y suis, ce sont des Patriotes», répond Rhodes. «Des vrais Patriotes. Des patriotes furieux.»

Rhodes n’a semble-t-il pas pénétré à l’intérieur du Capitole, mais d’autres membres des Oath Keepers l’ont fait. Jessica Watkins a envoyé un texto dans l’un des chats du groupe Oath Keepers: «Nous sommes dans le dôme principal en ce moment. On assure. Ils lancent des grenades, ils tirent sur les gens avec des paintballs. Mais nous sommes dedans.» Un autre répond s’exclame avec force jurons que c’est pour cela qu’ils «se sont entraînés».

L’acte d’accusation indique que Watkins et une autre formation de Oath Keepers se sont joints à des émeutiers qui repoussaient les forces de l’ordre à l’intérieur d’un hall menant à la chambre du Sénat. «Poussez, poussez, poussez… Entrez là-dedans , Entrez là-dedans!» aurait-elle ordonné.

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