janvier 25, 2022

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pourquoi des milliers de Français perdent aujourd’hui leur passe sanitaire

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Le 27 novembre 2021 à Bordeaux.

TÉMOIGNAGES – À compter de ce samedi 15 janvier, des centaines de milliers de Français majeurs, n’ayant pas reçu leur dose de rappel de vaccin anti-Covid dans les temps, verront leur passe sanitaire désactivé. Quelles en sont les raisons ?

«Désormais, je rejoins la catégorie des sous-citoyens», estime Elias, 37 ans, en référence au discours d’Emmanuel Macron la semaine dernière. «C’est un choix qui n’est pas simple mais c’est un choix qui m’appartient», ajoute-t-il. Il y a moins d’un an, le Parisien s’était fait vacciner par «devoir citoyen» : «À l’époque, c’était pour se protéger, et pour protéger tout le monde», se souvient-il. Mais aujourd’hui, la donne a changé pour lui, «et le discours aussi». Alors qu’il a connu de nombreux épisodes de vertiges après sa deuxième dose, il ne souhaite pas recevoir une troisième injection pour le moment. D’autant que le gouvernement ne l’a pas convaincu. Au contraire : «Les derniers couacs et leur communication agressive sur le passe vaccinal me poussent à résister», fait-il savoir.

Comme Elias, des centaines de milliers de Français vont perdre leur passe sanitaire, et ce, dès ce samedi 15 janvier. Et rien que pour aujourd’hui, la Direction générale de la santé estime ce chiffre à 560.000 de personnes. En effet, tout majeur n’ayant pas reçu sa dose de rappel vaccinal contre le Covid-19 dans les sept mois suivant sa dernière injection ou infection verra son passe sanitaire désactivé. C’est le cas de Patrick, par exemple. Alors que le militaire s’était fait vacciner en juin dernier, son passe a été désactivé plus tôt que les autres, à cause de ses comorbidités. En effet, pour les personnes de plus de 60 ans où celle dans le cas de Patrick, la limite était fixée au 15 décembre. «À 11h45, je suis allé au bar et mon passe marchait, à 12h15, il ne marchait plus au restaurant», raconte le militaire de 50 ans.

S’il a été étonné de le perdre une semaine avant les autres, le père de famille savait que son certificat n’aurait pas tardé à être désactivé. Car cette fois-ci, il ne se fera pas vacciner, même si son métier lui impose une obligation vaccinale. «Pourquoi? Parce que le gouvernement nous a menti pendant deux ans. Parce que ce soi-disant vaccin ne fonctionne pas hors cas graves», fulmine le cinquantenaire auprès du Figaro. Habitant dans le Languedoc Roussillon avec sa femme et ses deux enfants, l’homme pourrait se faire muter, voire perdre son travail. «Je sers mon pays depuis 25 ans. Si la situation démocratique ne s’améliore pas, j’envisage de quitter le pays ‘avec armes et bagages’», lance-t-il alors.

Elias et Patrick ne sont pas les seuls à être doublement vaccinés et à s’opposer à la troisième dose. Alice, une Parisienne de 25 ans, est aussi remontée contre l’exécutif. Même si se retrouver «au même point que les antivax» l’agace, elle choisit de ne pas suivre «les contraintes absurdes imposées par le gouvernement dont on peine à trouver une justification sanitaire». Et selon elle, c’est sa «liberté» : «C’est mon choix de ne pas me faire vacciner.»

Un brouillard d’informations

Ceux qui perdent leur passe sanitaire ne sont pas seulement des personnes qui souhaitent s’opposer à la stratégie de l’exécutif. Ils sont nombreux à avoir plusieurs incompréhensions sur les conditions de validités de leur passe, ou à s’être simplement mal organisés dans les délais impartis. Carole, par exemple, s’est fait vacciner mercredi dernier. Si la jeune femme pensait être dans les clous, elle se retrouve pourtant dès aujourd’hui sans certificat valide. En effet, «toutes les personnes qui font leur rappel disposent d’un nouveau QR Code, qui devient valide sept jours après leur injection, qu’il s’agisse d’une deuxième, d’une troisième dose ou plus», a noté auprès du Figaro la Direction générale de la santé (DGS). «Je ne le savais pas», rétorque Carole lorsque nous lui énonçons cette règle. Elle ajoute : «De toute façon, que ce soient les tests, les certificats… Entre les informations sur le passe sanitaire et celles sur le passe vaccinal, plus personne ne comprend plus rien».

Marie, 27 ans, n’a pas non plus compris toutes les modalités pour conserver son passe sanitaire. Alors qu’elle a contracté le Covid pendant les fêtes de fin d’année, en répondant à notre appel à témoignages, elle était persuadée que son certificat allait expirer car elle n’avait fait «qu’un test antigénique». Et ce n’est pas faute d’avoir demandé si ce test pouvait valoir un passe sanitaire : «Je suis allée dans plusieurs pharmacies, et elles m’ont toutes donné des réponses différentes», note la jeune femme. Comme le précise le site du gouvernement, le résultat positif d’un test PCR ou antigénique – d’au moins 11 jours et de moins de 6 mois -, équivaut bien à un certificat de rétablissement. Donc finalement, sur nos conseils et après avoir effectué une mise à jour de son application Tous Anti Covid, Marie s’est rendu compte que son certificat était valide jusqu’au mois d’août prochain.

Certains pris dans un engrenage administratif kafkaïen

Romain, 26 ans, qui vit à Londres mais qui se trouve depuis deux semaines à Paris, a contracté le virus il y a un peu plus d’un mois. Le jeune homme n’a pas fait de test antigénique ni de test PCR, mais «une dizaine d’autotests sur dix jours», dont la plupart se sont avérés être positifs. S’il a fait ce choix, c’est parce qu’«ils étaient fournis gratuitement par la boîte et que c’était plus rapide», explique le jeune homme. Aujourd’hui, il se rend compte que ce choix n’était pas sans conséquence. S’il sait qu’il a contracté le Covid, les autotests ne lui permettent pas d’avoir le précieux QR code, équivalent au passe sanitaire. «Comment j’aurais pu faire alors que j’étais à Londres», lance-t-il alors. «Je n’ai pas envie de me faire vacciner alors que j’ai eu le Covid», souffle-t-il. Il tentera, dans les prochains jours, de trouver une solution. «Quitte à frauder», fait-il savoir.

Et puis il y a Paul, 25 ans, qui habite en Lozère. Alors qu’il a été testé positif également le mois dernier, la pharmacie s’est tout simplement trompée dans sa prise de coordonnées : «J’ai reçu un message de l’assurance maladie qui me demandait de me confiner, mais jamais de QR code». «La pharmacie n’est qu’une antenne du labo. Ils m’ont dit d’appeler le labo, mais ils sont injoignables. J’ai finalement réussi à les joindre, mais ils m’ont dit d’appeler un autre numéro, lui-même injoignable». Face à ce tracas administratif, il avait pour le moment abandonné. Dès aujourd’hui, il continuera d’appeler. S’il reste encore sans réponse, il se résoudra à se faire vacciner.

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