janvier 21, 2022

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À Villejuif, le maire PCF opte pour une «police de proximité» sans LBD, ni Taser, ni brigade canine

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Selon le syndicat Alliance police du Val-de-Marne, la décision du maire Pierre Garzon va «à contresens» de l

Ces armes «de contact» ont un effet pervers sur la délinquance, estime Pierre Garzon. L’élu compte aussi mettre en place une brigade «cadre de vie» pour lutter contre les incivilités.

«Je mise sur l’humain.» C’est ainsi que Pierre Garzon, maire PCF de Villejuif, justifie son objectif de réorientation de la police dans sa ville. Entériné le 20 mai en Conseil municipal, son plan repose sur un paradigme novateur pour les agents de Villejuif : suppression des armes intermédiaires, mais davantage d’effectifs pour une meilleure proximité au sein des quartiers. Finie l’installation des caméras de surveillance, qui ne font «que déplacer les points de deal». Terminé également le lanceur de balle de défense (LBD) ainsi que le pistolet à impulsion électrique (ou Taser) utilisé pour désamorcer les situations. Supprimée enfin la brigade canine.

Chacun son rôle

Cette décision, le maire PCF la justifie par deux rapports indépendants qui auraient abouti au même constat. D’une part, un retour du Conseil d’État d’octobre 2020, d’autre part un audit commandité par la mairie sur les missions de ses forces de l’ordre, qui concluaient tous deux à une confusion des missions entre agents municipaux et police nationale. «Mal définies, les missions des premiers tendaient à empiéter sur les prérogatives des seconds, alors qu’ils ne sont pas formés pour, explique Pierre Gorzon. Cela les menait à agir occasionnellement hors du cadre de la loi». L’effet pervers était clair : les quelque 150 agents de la police nationale sur toute la circonscription, considérant leurs missions déjà pourvues, privilégiaient d’autres zones d’intervention.

Une situation malsaine et non viable selon l’élu PCF, qui compte mettre en place une «police de proximité», avec un renfort de cinquante agents supplémentaires d’ici l’automne prochain. «Je veux que les Villejuifois connaissent leurs agents et qu’un lien se crée», explique le maire au Figaro.

Pour les incivilités, une brigade «cadre de vie» de cinq personnes verra ainsi le jour, ainsi qu’une équipe de médiation, composée de huit agents et d’un encadrant, qui «assureront une veille sociale auprès des plus fragiles, une veille technique pour signaler les dysfonctionnements, et géreront les conflits mineurs (bruit, incivilités…)» explique Sylvie Mantion, adjointe PS chargée de la tranquillité et de la prévention. «Cette unité sera différente de la police municipale en elle-même, mais elle sera rattachée à la même direction », a-t-elle précisé au Parisien.

«Cette clarification des missions a une valeur expérimentale, avance Pierre Gorzon. Nous allons observer la complémentarité entre les deux corps, et, qui sait, peut-être servirons-nous d’exemple à d’autres villes».

Une police désarmée ?

Dans la cité du Val-de-Marne où l’insécurité est un enjeu majeur, la décision fait couler beaucoup d’encre. L’ancien maire de Villejuif Franck Le Bohellec (DVD), sous le mandat duquel la brigade canine avait vu le jour, n’a pas manqué de tancer son successeur sur CNews. «Vous n’allez pas envoyer les agents dans une situation complexe la nuit avec une matraque et leur guide de médiation !» a-t-il lancé.

«Cela va à contresens de l’ensauvagement constaté à Villejuif comme dans beaucoup de banlieues», estime de son côté Julien Schenardi, secrétaire général du syndicat Alliance police du Val-de-Marne. «Qu’ils soient de la BAC ou pas, tous les agents sont régulièrement victimes de tirs de projectiles, pierres, cocktails molotov, tirs de mortiers. Demain, les policiers de Villejuif seront contraints, dans ce genre de situation, ou de fuir ou d’utiliser les armes létales ; cela n’a aucun sens», pointe le responsable syndical.

Selon le maire, il n’est nullement question de désarmer la police. «Nous retirons seulement les armes dites de contact, leurs armes létales seront conservées en cas de menace grave. Nous n’oublions pas la situation Vigipirate et le contexte particulièrement difficile de notre département», a-t-il précisé. De fait, la cité du Val-de-Marne a payé un lourd tribut en termes d’insécurité et d’attentats. En janvier 2020, une attaque au couteau avait fait un mort et deux blessés, cinq ans après le meurtre d’Aurélie Châtelain par Sid Ahmed Ghlam, alors que le terroriste projetait un attentat contre une église de Villejuif.

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